Voyage en terre d'amitié
Si je vous dis "coup de foudre"... Hum je vois, vous pensez : roman Harlequin, bluette bon marché, truc pour midinette. Certains même, ceux que la foudre a brûlé à vif , pensent déjà à cliquer rapidement sur "fermer" pour échapper à toutes tentations.
Mais attendez, n'ayez pas peur, mon petit doigt (celui qui n'est pas occupé par le clavier) me dit que cette histoire va vous plaire. Surtout quand je vous aurai avoué que le coup de foudre je l'ai eu il y a longtemps déjà. Pour un tableau dans le salon d'une amie quimpéroise. Un tableau qui sentait bon la terre d'Afrique (il faut dire qu'il est à base de pigments naturels tels que l'arbre indigo du Mali, l'oxyde de fer des terres rouges des brousses du Sénégal). Un tableau comme une hymne aux femmes d'Afrique. Mais avec un je ne sais quoi de tendre, de pur et de naïf à la fois. Un tableau qui parlait d'amour en quelque sorte. Ce tableau je l'ai admiré. Puis oublié. Enfin pas tout à fait. Au détour d'une exposition (c'est mon métier de donner mon avis sur les expositions), d'un reportage sur l'Afrique, d'un album photos, il me revenait comme une nostalgie. Un rêve secret et défendu. Comme de dérober "les tournesols" de Van Gogh, de décrocher une acrylique de Wuta Wuta Tjangala, de posséder "l'homme de Vitruve" du grand Vinci.
Et puis, il y a deux ans, l'amie quimpéroise m'a appelée pour me dire que la peintre du tableau avait quitté le soleil du Sénégal pour revenir sur la terre bretonne de ses ancêtres. Qu'elle allait s'installer dans la rennaise capitale. Qu'elle n'y connaissait personne. Que ce serait gentil, blablabla, blablabla. Bon pour être franche j'étais moyennement inspiré vu que je ne suis pas sûre que les amies des amies soient ... Mais il y avait le tableau. Et la curiosité. Des fois que... On ne sait jamais.... Au fonds des malles qui avaient bringuebalé sur les chemins d'Inde, d'Espagne et d'Afrique... (oui, oui, je sais, je devrais avoir honte. Mais ça n'est tout de même pas comme si je volais un Klimt).
Et je l'ai découverte elle. La peintre. Yvane pour les intimes. Yvane Riotte de son nom d'artiste et de ville (en VF cela donne donc Yvane l'Emeute. Riot en anglais voulant dire... Je sais elle est française. Mais bon cela m'amuse quand même. Surtout quand on la connait). Avec sa voix d'amoureuse de la cigarette, son enthousiasme communicatif de baroudeuse, ses ongles rongés d'éternelle inquiète, ses envies d'alchimiste lorsqu'elle mélange à la peinture les terres et les pigments collectés à travers le monde.
Ce site lui est dédié. Simplement pour que, lorsqu'elle repartira dans ses voyages (elle a des appétits d'Amérique du Sud), une trace d'elle nous reste.